Les dérives du marché de l'occasion

Vinted, Videdressing, Vestiaire collective, Le Bon Coin, Backmarket, Facebook Marketplace... Les sites et applications d'achat de seconde main fleurissent depuis quelques années et connaissent un succès grandissant. Pour autant, certains décrient ces plateformes en ligne, les qualifiant de fast-fashion de l'occasion... Qu'en est-il vraiment ? 

La seconde main, ou l'écologie accessible

La vente de seconde main est pourtant un bon compromis, non ?

Des produits destinés à la poubelle ont droit à une seconde vie > l'achat de produits neufs est évité ce> la demande diminue > la production baisse > l'utilisation des ressources naturelles et énergétique aussi. Tout bénéf, non ? 

De plus, la vente de seconde main permet aux plus petits budgets d'acheter des produits quasiment neufs à des prix plus accessibles, et ce sans donner son argent à des multinationales peu scrupuleuses, notamment dans le secteur de la mode. Cela permet à un étudiant de meubler son premier appartement sans consession sur la qualité, ou de payer un manteau 10 fois moins cher qu'en magasin. De quoi réhausser le pouvoir d'achat et équilibrer l'accès aux biens. En principe, oui : mais la réalité est un peu différente.

 

La surconsommation, dérive du marché de l'occasion

Surconsommer de seconde main reste surconsommer. Or, certains sites ou applications poussent à l'achat de la même manière que les géants de la fast-fashion, la téléphonie ou l'ameublement.

A grand renforts de communication, certaines applis jouent du côté écolo de leur système pour déculpabiliser les utilisateurs. Les achats irréfléchis deviennent alors monnaie courante : si on achète quelque chose qui ne nous plaît pas, ou qui ne nous va pas, on peut toujours le revendre, et refaire une "bonne action". "Je peux acheter beaucoup car c'est de la 2nde main et c'est pas cher" = même système que pour la fast-fashion, mais sous couvert d'écologie.

Les interfaces des navigations sont poussives : on enregistre nos coups de coeur en "favori" ; on active des alertes pour des recherches d'articles, on crée des lots qui permettent d'obtenir des rabais... Tout cela pousse à la frénésie et à l'achat impulsif, avec les mêmes risques qu'en fast-fashion : se lasser, peu porter, voire carrément ne pas utiliser car les retours sont impossibles.

Facilitateurs d'économie circulaire, les sites de seconde main ?

Pas toujours. D'après une étude réalisée par Vestiaire Collective, environ 30% des vendeurs se séparent de leurs précieux biens avec l’unique intention de gagner de l'argent pour en acheter des neufs.

Ces applis faciles d'accès sont même devenus des opportunités de business juteux : de nombreux particuliers l'utilisent dans un but lucratif, en achetant des vêtements dans le but de les revendre plus cher sur la même plateforme, allant même jusqu'à spéculer sur les articles en rupture de stock plus cher que les prix pratiqués en magasin. On est loin du côté fripe ou brocante revendiqué... 

Le problème de la pollution n'est pas réglé par la seconde main

Cette surconsommation pose les mêmes problèmes d'émissions carbones et de déchets que tout site de vente conventionnelle. Sur une célèbre application de vente de vêtements de seconde main notamment ce sont 2.2 millions de biens qui s'échangent par seconde en moyenne. Beaucoup de transport, donc d'émissions carbones, mais aussi d'emballages qui génèrent des déchets.

L'achat de seconde main ne règle pas non plus le problème des matériaux polluants ou non sains. Par exemple l'achat de vêtements de 2nde main en polyester, ou des équipements plastiques (comme les ustensiles de cuisine) entraîne toujours la libération des microplastiques. Ces microplastiquent polluent les cours d'eau. Ils sont également nocifs pour notre santé : d'après un rapport de WWF, nous ingérons 5g de plastique par semaine, soit l'équivalent d'une carte bancaire, via les microplastiques. 

Enfin, la question du recyclage d'un produit qui n'est pas recyclable ou dégradable pose problème. Que faire d'un produit en fin de vie qui ne se recycle pas ? C'est pour cela qu'il est préférable de penser à la composition de ce qu'on achète de seconde main. 

 

Alors, on fait quoi ? 

Comme pour tout marché ou pan de consommation, il faut avant tout acheter moins. Acheter autant de 2nde main que de neuf n'est pas écologique. L'achat ou la vente de d'ocasion est écoresponsable selon la manière dont cela est réalisé. Acheter beaucoup puis revendre beaucoup, ça n'est pas écologique.
 

L'achat de 2nde est responsable quand : 

  1. L'achat répond à un besoin réel. S'interroger sur le besoin : l'achat est-il réfléchi et nécessaire ? On en aurait-on eu besoin s'il fallait le payer au prix fort ?
  2. L'achat est durable : des matériaux solides, des produits qui durent dans le temps.
  3. L'achat est local et limite le tansport et l'emballage

L'achat physique ou la remise en main propre génère moins de CO2 et moins de déchets, tout en évitant les déconvenues, donc les achats inutile. On te conseille donc de privilégier les systèmes comme Le Bon Coin.

Pour les magasins de revente de seconde main, renseigne-toi sur la provenance des produits, par exemple en fripes :  comment sont ils récupérés ? Est-ce de la chine à la pièce, ou du gros importé en avion ? Ici, tu trouveras nos bons plans de friperies solidaires de confiance à Paris. Emmaüs, présent sur tout le territoire, est un excellent exemple de 2nde main éthique et réellement engagé. Enfin, concernant l'high-tech et l'électro-ménager, on te recommande aussi Backmarket, qui récupère et reconditionne en France les produits qu'il revend, avec en plus une garantie : l'idée est de faire durer la 2nde vie du produit.  

 

Pour aller plus loin, la 2nde main est encore plus responsable quand :

  • L'achat profite à une association, comme Emmaüs.
  • La fin de vie de l'achat est pensée (matériau biodégradable par exemple)
  • L'achat était éthique neuf (fabriqué en Europe et/ou dans une matière saine et écologique par exemple.)
 
 
 
hsource : www.nicelifestylemag.com/

Au delà de la seconde main : l'économie circulaire

 
Plutôt que 2nde main, il faut penser "économie circulaire": ça comporte à la fois l'achat d'occasion réfléchi, mais aussi la location d'équipement ou de vêtements pour une occasion spéciale, le troc, la réparation de ce que l'on a déjà , le réemploi ou "upcycling", le recyclage, la customisation, le reconditionnement... 
 
L'upcycling ou surcyclage en français est la réutilisation d'une matière brut pour un autre usage qu'initialement. C'est par exemple détourner un une palette pour en faire un siège. Ou encore, lors de la production de vêtement, plutôt que de jeter les chutes de tissu, les réutiliser pour d'autres vêtements et ainsi éviter les pertes.
 
Enfin, un système qui se démocratise de plus en plus est la location de vêtement. As-tu déjà acheté une tenue pour un mariage ou baptême et elle a finit par dormir dans ton placard ? De nombreux sites proprosent des abonnements ou des locations à la pièce. Tu récupères ta pièce, tu la portes puis tu la renvoie et le site s'occupe de l'envoyer au pressing. Les cachotières est un site de location fondé en 2016 qui propose la location de vêtement à la pièce que l'on te recommande. 

Enfin, il est indispensable de soutenir également les marques éthiques, qui maintiennent des emplois dans des pays proches, aux matières écologiques et qui travaillent à rendre le monde de demain meilleur.

Sans soutien à l'économie locale neuve et éthique, on ne changera pas non plus toute l'industrie de production vers un modèle plus vertueux. Ils ont besoin de nous pour diffuser un modèle éco-responsable !

Julia

Article rédigé par :

Julia

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